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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 14:12

 

Le procureur Jean-Louis Pérol a requis, lundi 23 mai, une peine de 15 mois de prison avec sursis contre Dominique de Villepin, en estimant que l'ancien premier ministre était coupable de "complicité de dénonciation calomnieuse par abstention"dans l'affaire Clearstream.

 

Il a demandé à la cour d'appel de Paris d'infirmer le jugement de relaxe prononcé par le tribunal correctionnel le 28 janvier 2010. "Il revient à la justice de veiller à ce que le fonctionnement de la démocratie ne soit pas perturbé par les manipulations et les coups tordus", a indiqué le procureur.

VILLEPIN DÉNONCE UNE INFLUENCE DE SARKOZY

Dominique de Villepin a aussitôt réagi en accusant Nicolas Sarkozy d'avoir inspiré les réquisitions du parquet général. "Après six années d'un lynchage politique, médiatique et judiciaire, après avoir été déclaré innocent en première instance, le ministère public persiste et signe", a-t-il déclaré. "Tout ceci serait incompréhensible si on oublait que le ministère public est représentant du garde des Sceaux placé lui-même sous l'autorité du président de la République Nicolas Sarkozy", a-t-il ajouté.

 

Jean-Louis Gergorin dans le film documentaire français de Daniel Leconte, "Le Bal des menteurs : le procès Clearstream".

Jean-Louis Gergorin dans le film documentaire français de Daniel Leconte, "Le Bal des menteurs : le procès Clearstream".HAPPINESS DISTRIBUTION

 

Le procureur a également requis une peine de 30 mois dont 18 avec sursis et 45 000 euros d'amende contre Jean-Louis Gergorin, l'ex numéro 3 d'EADS qui a notamment reconnu être le corbeau qui a adressé les listings falsifiés au jugeRenaud Van Ruymbeke en juillet 2004 et qui a été condamné en première instance à 3 ans, dont 21 mois avec sursis et 40.000 euros d'amende.

Son collègue de l'accusation, Dominique Gaillardot, avait auparavant exhorté la cour à ne pas se "laisser abuser par la fable du corbeau qui veut se faire passer pour le pigeon". Contre Imad Lahoud, l'ex-trader et informaticien devenu professeur de mathématiques au lycée Chaptal à Paris, condamné par le tribunal à 3 ans, dont 18 mois avec sursis et mise à l'épreuve et 40 000 euros d'amende, le parquet a requis une peine de 30 mois dont 15 avec sursis et 45 000 euros d'amende.

 "INTÉRÊT POLITIQUE"

Jean-Louis Pérol a tout d'abord justifié longuement le choix du parquet de retenir contre M. de Villepin le seul délit de "complicité de dénonciation calomnieuse par abstention" et non pas "par instruction", comme l'ont soutenu les deux juges d'instruction qui ont renvoyé l'ancien premier ministre devant le tribunal. La complicité "par abstention", a expliqué le procureur "ne se confond pas avec la négligence. Elle traduit la volonté de laisser le délit se commettre" parce que Dominique de Villepin y trouve "un intérêt politique".

Le 19 juillet 2004, soit après le premier envoi de lettres anonymes à M. Van Ruymbeke, et avant les deux autres envois, M. de Villepin "sait que les listings sont faux. Il sait qui est à l'origine de la dénonciation et il connaît le contenu de la dénonciation", a affirmé M. Pérol. Dès le début, a-t-il souligné, M. de Villepin a eu sur ce dossier Clearstream une "gestion personnelle et secrète". Evoquant son"culte de la confidentialité", il a rappelé que le ministre des affaires étrangères devenu en 2004 ministre de l'intérieur n'avait informé de cette affaire ni sa collègue ministre de la défense, Michèle Alliot-Marie, ni le premier ministre de l'époque Jean-Pierre Raffarin.

Selon le procureur, M. de Villepin a "dissimulé ce qu'il savait, il a entretenu l'illusion pour que Jean-Louis Gergorin poursuive son œuvre de dénonciation". A l'appui de sa thèse, Jean-Louis Pérol a rappelé cette phrase notée sur un verbatim du général Rondot, après la réunion que ce dernier avait eu en juillet 2004 avec M. de Villepin et au cours de laquelle le ministre lui aurait dit : "Si nous apparaissons le PR[président de la République] et moi, nous sautons""Comment Dominique de Villepin pourrait-il être le seul à continuer à croire à la véracité des listings alors qu'il est le chef de la police ? Comment celui qui a démonté avec brio [à la tribune des Nations unies] la manipulation des armes de destruction massive en Irak pourrait-il ne pas voir la manipulation organisée par MM. Gergorin et Lahoud ?", a ironisé le procureur.

Pascale Robert-Diard

source: lemonde.fr

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Published by ABDALLAH CHIDI DJORKODEI - dans ACTUALITE
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