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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 16:47

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« Le balai de l’assainissement devra passer là ou il doit passer » avait dit en son temps un charismatique homme d’état tchadien. Eh bien si pour une fois nous disons bravo à Idriss Déby Itno sur cette maxime, il devrait d’abord commencer par ses proches parents, et ceux des Zaghawa qui à son su et insu, continuent de mettre le Tchad six pieds sous terre.

Si pour les encastrés d’Idriss Déby Itno, le motif est toujours d’innocenter leur parrain en disant qu’il est mal entouré, mal conseillé, et pratiquement trompé, les choses qui se passent actuellement dans notre pays interpellent chacun d’entres-nous sur la sincérité des actes posés. Comment comprendre que parmi les personnalités de son régime incriminées, il n’y a aucun de ses proches alors que tout le monde sait avec pertinence le caractère prédateur des siens. Comment comprendre encore que subitement il s’en prend à des gens qu’il a lui-même éduqués à l’école de la fraude, du vol, et de la délinquance économique ?

En 22 ans de pouvoir absolu, Idriss Déby Itno a laissé faire sans chercher à imposer des facteurs de justice sociale. Il a laissé faire et diviser les Tchadiens dans leur ensemble. Il a voulu voir un peuple humilié et soumis en protégeant les siens.

22 ans durant une politique spéciale fut mise en place pour enrichir les proches du clan et leur donner une stature sociale parmi les Tchadiens. Cette politique à caractère discriminatoire a permis aux Zaghawa du clan de s’enrichir grossièrement avec l’insolence de bigre barbare. Tout cela est fait pour se donner un nom, se forger une identité, et toiser les épaules qu’ils n’ont jamais su atteindre par le travail et le labeur.

De tous les régimes qui se sont succédé au Tchad, jamais l’ethnie et les proches du président de la République en exercice, ne se sont enrichis sauvagement comme avec le régime MPS. Jamais les Tchadiens n’ont été dépréciés par le travail, déprécié sous l’étendard des valeurs en nombre de discriminations économiques, politiques, et sociales. Plusieurs Tchadiens diplômés rentrent au Tchad pour rester sous les arbres pendant que des analphabètes occupent des postes à responsabilités indignement, des fois sans diplôme, sinon avec des connaissances limitées. La plupart des régies financières sont occupées par ceux-là même pendant plusieurs années. Ils se succèdent à ces postes pour s’enrichir, s’engraisser et rehausser la suprématie du clan. Les autres tchadiens démunis de tout facteur subissent un potentat arbitraire, et de facto dictatorial. Les Tchadiens ont été soumis dis-je ? Pire, ils ont courbé l’échine sous le poids de la peur. Peur de perdre un avantage social et se laisser humilier. Peur de ne pas pouvoir suivre le train de vie qui leur sied pour ne pas paraître quelqu’un. Peur tout court de son image façonnée par la cupidité.

Plus de 20 ans, certains Tchadiens ont laissé faire. Ils ont accepté de se laisser exterminer sans vergogne. Ils ont accepté de se soumettre telle la fainéante des caniveaux, alors que les proches du régime pillent, violent sans impunité. Comment comprendre que sur les 10 millions de Tchadiens, il ne peut exister des hommes qui puissent ne pas accepter l’arbitraire. Tout le monde ferme sa gueule au point de laisser pousser des champignons. Jusqu’à quand le peuple tchadien acceptera-t-il la honte de ne pas être et paraitre. Jamais le tchadien n’a été soupesé de la sorte, au point de le rendre lâche et mercantile. Si d’autres compatriotes se démènent bon gré mal gré à toiser le régime Déby en continuant de le combattre et le dénoncer, beaucoup se dérobent lâchement et pourtant ils observent l’injustice faite à leur mère, père, sœur et que sais-je encore.

Notre société a été mercantilisée au point de ne savoir dire et exprimer la justesse des causes. Pourquoi jamais notre peuple ne peut se transcender comme un seul ensemble face à l’arbitraire ? Pourtant les peuples de Tunisie, de l’Egypte, de la Libye et ailleurs l’avaient faits. Comment comprendre l’attitude des chefs des cantons quand eux-mêmes sont actuellement nommés par décret. Aucun ne veut savoir et comprendre quand un de ses fils est emprisonné sans raison ou preuve. Les lois de la république ne sont-elles pas pour tous ? Quand un citoyen est fautif, qu’il subisse les lois en vigueur. Mais quand il y a un flou et l’arbitraire, qu’attendent-ils pour aller poser le problème ? C’est en défilant de la sorte que la majeure partie des Tchadiens ont laissé le champ libre à l’arrogance, à l’insolence, à la barbarie, à l’humiliation, à l’injustice, et au néant.

Beaucoup de Tchadiens de passage à Paris, Dakar, Cotonou, Le Caire, Washington, Douala, Tripoli, Tunis, Djeddah, tous une fois en dehors du Tchad, critiquent le régime d’Idriss Déby sans mesure. Ils ressassent en boucle, en groupe ou en procession le même discours « Continuer à embêter ce régime, il ne vaut rien, c’est des voyous, etc». Ils ont tendance à penser que les Tchadiens de l’extérieur font un bon travail d’informations et de dénonciations. Alors, vous autres jusqu’à quand vous allez attendre de remplir votre part de lutte pour que le changement devienne effectif et réel.

ASSILECK HALATA Mahamat

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Published by ABDALLAH CHIDI DJORKODEI - dans TCHAD
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