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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 04:16

djimi

Autrefois, dans notre société, le mal dans toute sa définition, sa signification et tout ce qu’il véhicule comme facteurs d’opprobre dans ses diverses manifestations, était considéré comme négatif et inacceptable dans toutes nos communautés.

C’est pour cette raison simple, essentielle et suffisante que toutes les couches sociales Tchadiennes avaient, depuis la nuit des temps, toujours tout fait pour le maintenir à distance au quotidien en inculquant de très solides valeurs aux enfants dès le plus bas âge. Mais surtout en vouant un culte permanent au bien, rejetant tout ce qui pourrait se rapporter au mal, le provoquer, le susciter ou l’entretenir.

Ainsi celui qui volait, violait, se parjurait, mentait, escroquait ou faisait du mal d’une façon ou d’une autre était honni, méprisé, et même considéré comme indigne de faire partie d’une famille ou d’un village.

De nos jours, malheureusement, et précisément depuis les 20 ou 30 dernières années, l'homme Tchadien, dans une effroyable et apparente logique de déliquescence des valeurs morales et éthiques fondant son héritage sociologique, semble avoir oublié qu’il est Honteux, indigne et immoral de faire ce qui est mal, de faire ce qui n’est pas bien.

« L’erreur est humaine », dit un proverbe latin – errare humanum est - . En clair, il peut arriver que l’homme commette le mal par inadvertance, ou parce que la chair est faible. C’est humain et ça peut se comprendre.

Pourtant ce même proverbe qui parle de l’erreur humaine a une suite : « perseverare diabolicum.» - Persévérer dans l’erreur est diabolique.- Ce qui signifie que l’homme qui fait le mal de façon continuelle et pertinente relève du diable.

Et au Tchad aujourd’hui, tout tend à démontrer que le mal, dans sa définition absolue, est venu habiter notre chair, s’installant du même coup au plus profond de nos mœurs, de nos cœurs, de nos âmes, de nos esprits, de notre style de vie.

 

Tuer, escroquer, mentir, trahir, détourner les fonds de l’Etat, s’approprier sans scrupules des biens ou de l’épouse du prochain n’a jamais été aussi courant que de nos jours. On dirait que c’est un phénomène de mode. Comme si ces actes relevaient de la banalité ou de la normalité.

 

Quand et comment ce mal est-il venu pénétrer et s’implanter viscéralement dans nos cœurs et notre société ? Comment le mal a-t-il réussi à s’inscrire si aisément et si durablement dans nos comportements quotidiens depuis à peu près deux générations ? Ses manifestations les plus absurdes faisant pratiquement figure de normalité.

 Comment ceux de nos frères Tchadiens – malheureusement très nombreux aujourd’hui, trop nombreux même - qui n’ont eu aucune vergogne à bafouer leurs propres cultures et les valeurs les plus nobles de nos traditions en singeant, de façon grotesque d’ailleurs, les cultures Soudanaises, Congolaises et bien d’autres – cultures n’ayant par ailleurs aucun rapport avec les bases de notre éthique sociale - pourront-ils se débarrasser du mal qui les hante et les pousse irréversiblement à une perdition collective?

Nos grands-parents qui, autrefois, ne vivaient uniquement que du produit de leur élevage et de l'agriculture, avaient pour principe de base de refuser le mal, craignant par dessus tout la honte d’être considérés comme des adeptes ou des pratiquants du mal. C'est ainsi qu’ils ont gardé leur dignité jusqu’à la mort. C’est à ces maints égards que nous pouvons nous targuer de l'honneur et de la fierté d’être les descendants de telles ou telles lignées.

Les gens d'autrefois craignaient beaucoup DIEU, respectant scrupuleusement ses lois et son aversion du mal.

Il suffisait, par exemple dans le cas d’une dispute s’envenimant entre deux hommes, que l’un des deux fasse une simple tracée sur le sol en évoquant le nom de DIEU,  pour que son vis à vis ne traverse pas la ligne sacrée. Et les choses s’en tenaient là.

Aujourd'hui à cause d’une propension quasi généralisée  au Tchad pour l’hypocrisie, l’injustice, l’infidélité, la cupidité, la traîtrise, la méchanceté, la lâcheté, la partialité, la malhonnêteté, les abus systématiques  de confiance et une folle obsession d’amasser les biens matériels, l’homme Tchadien en est arrivé à ne plus respecter même seulement l’engagement  sacré pris devant DIEU Tout Puissant et Miséricordieux, en jurant dans un coin de Mosquée ou de l’Église, de ne plus faire du mal.

Il est par conséquent vital pour tous et chacun de nous de nous demander jusqu’où pourrait nous conduire ce mal constituant de manière irréfragable une grande partie de notre vie quotidienne ?

Dans cette course effrénée avec et dans le mal, nous en sommes même arrivés à ne plus réaliser que le mal que nous faisons ou avons fait aux autres pourrait se répercuter sur nous de notre vivant, ou sur nos enfants après notre mort.

Au Tchad, certaines personnes ont hérité du mal dans leurs gênes. Leurs ascendants ont toujours fait du mal une pratique courante, considérant avec une infernale mauvaise foi qu’ils font tout sous l’emprise de DIEU. Perfide ignorance ou cynisme délibéré ?

La question ne mérite même pas d’être posée : « ALLAH DJAALA » Dieu fait du bien, c'est nous qui faisons le mal.

Ainsi, est-il même possible que ceux qui ont été nourris, ont grandi, ne vivent et ne survivent que par les produits des vols, des rapines, des détournements et des pillages puissent un jour, ou du jour au lendemain, changer de mode de vie ?

 

Il n’est en tout cas pas difficile de prédire à ceux qui s’obstinent à penser qu’ils pourraient  changer le mal par le mal au Tchad, avec perpétuellement  à l'esprit la haine et la vengeance, qu’ils n’auront droit qu’à l’échec.

 Il importe dans l’absolu de changer la logique du mal au Tchad, et de l’éradiquer de la conscience collective en nous préparant à ne pas faire de mal à ceux qui ont fait du mal à d’autres Tchadiens, ou à l’Etat.

Chacun de nous est concerné directement ou indirectement dans la recherche et la proposition des vraies solutions pour débarrasser le Tchad du mal.

 

DJIMI ORDJO HEMICHI

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Published by ABDALLAH CHIDI DJORKODEI - dans TCHAD
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