Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 03:19

brahim.jpg

Je suis né dans la fureur de la guerre, j’ai grandi dans la terreur de la guerre, dois-je mourir dans la peur de la  guerre ?

 

La guerre le jour, la guerre la nuit, la guerre encore, la guerre toujours… nous ne sommes pas en guerre, nous sommes la  guerre … nous ne sommes pas victimes, nous sommes coupables… nous ne sommes pas recommandables, nous sommes condamnables…

 

De l’est à l’ouest, du sud au nord, nous préférons toujours l’adversité et la rivalité à l’amitié et à la fraternité, la confrontation à la collaboration, la domination à la cohabitation, l’animosité à l’humanité …

 

Nous sommes le mépris, nous sommes la haine.

 

Nous nous disputons toujours mais nous ne discutons jamais ; l’action précède toujours la réflexion ; la sagesse est une bassesse.

 

Nous ne croyons ni en Dieu ni en l’Homme. Car les violences et les outrances dont nous sommes si habitées et si habituées  sont extérieures à la Divinité et à l’Humanité.

 

Chez nous, les jours se suivent et se ressemblent toujours. Aujourd’hui c’est demain et demain c’est aujourd’hui. Le soleil ne brille jamais…

 

Nous sommes la risée de nos voisins et rien ne vaut une petite anecdote pour illustrer cette réalité; un jour, dans un pays ami et voisin, j’ai demandé le briquet à un inconnu pour allumer une cigarette, cinglante réponse : ‘’tu es tchadien, tournes-toi vers ton pays, ça va s’allumer tout seul, il y a du feu partout’’.

 

En Afrique, nous sommes les champions de l’instabilité et de l’insécurité ; nous détenons le record des guerres civiles et des rébellions armées.

 

QUE FAUT-IL FAIRE?

 

En dressant de nous un portrait d’une authenticité crue et cruelle, je n’ai nullement l’intention de nous trahir ou de nuire ; au contraire, je veux à travers cette modeste contribution accomplir mon devoir de citoyen en lançant le débat sur le mal et l’antidote tchadiens. Car la parole est salutaire et le silence destructeur. L’omerta n’est pas la solution, elle nous mène à la dissolution.

 

Malgré ce portrait lugubre, je veux opposer au pessimisme de la raison et de la réalité l’optimisme de la volonté et de l’espérance. L’espérance d’un jour nouveau, d’une mentalité nouvelle, des traditions nouvelles.

 

Mais rien ne tombera du ciel, rien ne viendra au hasard, notre salut réside dans l’encre de nos plumes, la salive de nos bouches, la sueur de nos fronts.

 

Malgré tout, je suis optimiste car notre pays n’est pas damné et notre peuple n’est pas condamné à la violence.

 

Je suis optimiste car la nouvelle génération s’accommode de plus en plus mal du piège du cannibalisme tribal, clanique et ethnique.

 

Je suis optimiste car une conscience est entrain de naitre du mal que nous fait la guerre et du bien que nous ferait la paix.

 

Je suis optimiste car le bilan n’est pas reluisant, 52 ans de violences et quel bilan ?!? L’état pitoyable et effroyable de notre pays est le meilleur témoignage du désastre de la guerre.

 

Je suis optimiste car le monde d’hier n’est plus celui d’aujourd’hui. Et la paix devient de plus en plus une exigence mondiale.

 

Je suis optimiste mais je ne suis pas idéaliste. Je suis réaliste et je vous propose sept recettes pour sortir notre pays des affres de la guerre et du cycle infernal de la violence domestique.

 

  A suivre... (La suite dans le prochain numéro)

 

Brahim Wardougou

 

Partager cet article

Repost 0
Published by ABDALLAH CHIDI DJORKODEI - dans TCHAD
commenter cet article

commentaires

Nour Issa 12/11/2012 06:33


Une analyse pertinente,une vision positive!