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LA RÉVOLUTION AU SENS PREMIER DU TERME.

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Le Tchad annonce une nouvelle incursion venue du Soudan

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DAKAR (Reuters) - Le Tchad a accusé jeudi le Soudan d'avoir envoyé la veille plusieurs colonnes de rebelles tchadiens de l'autre côté de la frontière le jour même où le Sénégal, hôte du sommet de l'Organisation de la Conférence islamique, espérait faire signer aux deux pays voisins un énième accord de non-agression.

Pour le moment, l'information n'a pas été confirmée de source indépendante et Khartoum n'a fait aucun commentaire. mais selon des sources internationales basées au Darfour limitrophe de l'est du Tchad, des rebelles tchadiens s'étaient massés en début de semaine dans le secteur.

Plusieurs colonnes rebelles fortement armées, venues du Soudan, sont entrées mercredi au Tchad, a affirmé le gouvernement de N'Djamena qui accuse Khartoum d'être derrière cette opération.

La nouvelle a semé la consternation dans la capitale sénégalaise à quelques heures de l'ouverture du sommet de l'OCI.

Début février, le président tchadien Idriss Déby avait repoussé de justesse aux portes de son palais de N'Djamena une offensive rebelle éclair venue du Soudan. Quelque 700 morts avaient été dénombrés après deux jours de combats acharnés.

"Le gouvernement tchadien informe l'opinion nationale et internationale que le Soudan a lancé mercredi 12 mars 2008 plusieurs colonnes fortement armées contre le Tchad", a précisé N'Djamena dans un communiqué. Les assaillants y sont présentés comme des "mercenaires", terme habituellement utilisé par le régime tchadien pour désigner les rebelles.

D'après le gouvernement, les insurgés ont franchi la frontière à Moudeina, localité frontalière du Darfour soudanais.

Les rebelles tchadiens de l'Alliance nationale ont opposé un démenti aux informations du gouvernement, accusant le président Déby de chercher à semer la confusion sur la scène internationale. L'Alliance a ajouté que ses forces opéraient déjà à partir du territoire tchadien.

MIGRAINE

Mercredi, le président soudanais Omar Hassan el Béchir devait signer à Dakar un pacte de non-agression avec Déby en marge du sommet de l'OCI. Mais il ne s'est pas présenté au palais, invoquant un mal de tête.

Le président sénégalais Abdoulaye Wade et le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon, ainsi que des diplomates américains et européens, l'ont attendu en vain pendant près de trois heures.

La réunion a été reprogrammée de manière à avoir lieu ce jeudi après la cérémonie d'ouverture du sommet.

Wade, qui cherche à jouer un rôle de médiateur dans plusieurs conflits africains, a rédigé un accord de paix dans l'espoir de mettre fin à des années de conflit des deux côtés de leur frontière commune, et notamment au Darfour.

Le Tchad et le Soudan s'accusent mutuellement depuis longtemps de soutenir des groupes rebelles hostiles à l'autre. Cinq accords signés par Déby et Bachir ces deux dernières années se sont soldés par une reprise des combats.

Bachir, qui accuse Déby de n'avoir pas respecté de précédents engagements à arrêter de soutenir les insurgés, s'est d'ailleurs interrogé sur l'utilité d'un nouvel accord.

Des rebelles du Tchad et du Darfour, où beaucoup voient un affrontement indirect entre les deux présidents, ont d'ores et déjà balayé le projet de pacte, critiquant le fait qu'il ne les inclut pas et prédisant qu'il n'apporterait pas la paix. Ce pessimisme est partagé par les rebelles du Darfour.

Environ 200.000 personnes ont été tuées depuis 2003 dans le conflit au Darfour, qui oppose les forces gouvernementales soudanaises, appuyées par des milices, à des rebelles locaux qui jugent leur région négligée et marginalisée par Khartoum.

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