LA RÉVOLUTION AU SENS PREMIER DU TERME.
Oil pour oeil. Il y a trois mois, des rebelles tchadiens armés par le Soudan fonçaient sur N'Djamena pour tenter de renverser le régime d'Idriss Déby. On vient d'assister, cette fois, à l'opération inverse. Le 10 mai, des combattants du Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE), groupe rebelle du Darfour, appuyé par le Tchad, ont traversé le désert soudanais et sont parvenus aux portes de Khartoum. Hélicoptères de combat, blindés, les autorités soudanaises ont mis deux jours à refouler les assaillants. Pour le régime du général Omar al-Bachir l'alerte est chaude. Du coup, le gouvernement soudanais a décidé de rompre ses relations diplomatiques avec le Tchad. Et d'arrêter Hassan al-Tourabi, la principale figure de l'opposition, jugé proche des islamistes du MJE.
Tel est le nouvel épisode de la drôle de guerre à laquelle se livrent le Soudan et le Tchad, par rébellions interposées. L'affrontement trouve ses racines au Darfour, une région soudanaise en proie depuis cinq ans au chaos. Lequel déborde sur l'est du Tchad. C'est, d'ailleurs, à partir de la frontière tchadienne que les rebelles du MJE ont lancé leur centaine de véhicules vers Khartoum. A leur tête, Khalil Ibrahim, issu de l'ethnie des Zaghawa... celle du président tchadien.