| par Finbarr O'Reilly N'DJAMENA (Reuters) - Les rebelles tchadiens ont attaqué la localité de Goz-Beïda, dans l'est du pays, où le contingent irlandais servant au sein de la force européenne Eufor est passé en position défensive entre la zone des combats et un camp de réfugiés, rapportent des travailleurs humanitaires et un officier irlandais. Des rafales de mitrailleuses et des détonations se faisaient entendre et une épaisse fumée noire s'élevait de la localité, située à 70 km de la frontière soudanaise, dans la région de l'Ouaddaï. Goz-Beïda est entouré de camps, gérés par les Nations unies, où sont hébergés des dizaines de milliers de réfugiés venus du Darfour ainsi que des Tchadiens déplacés par les combats. Ces camps sont protégés par un bataillon d'infanterie irlandais servant dans le cadre de l'Eufor, qui s'est déployée dans l'est du Tchad cette année. "Nous disposons de troupes entre le camp de réfugiés de Djabal et la zone des combats en ville(...). Il vaut mieux que les ONG restent là tant qu'il y a des combats et que la situation est difficile en ville", a déclaré à Reuters un officier irlandais de l'Eufor, Stephen Morgan. "Il ne serait pas bon d'envoyer des véhicules légers en ville pour le moment", a-t-il ajouté. "Mais pour le moment, on ne signale aucun affrontement direct entre les rebelles et les troupes irlandaises de l'UE", a dit l'officier. Des coopérants humanitaires ont fait état d'affrontements dans la rue située devant les locaux de l'ONG britannique Oxfam, près du marché de Goz-Beïda. Un peu plus tôt, un journaliste de Reuters présent dans le secteur avait dit avoir vu passer une colonne de 80 à 100 pick-ups fonçant en direction de Goz-Beïda. Certains des véhicules étaient équipés de mitrailleuses montées à l'arrière et d'autres transportaient des rebelles, le visage et la tête enturbannés, tenant des fusils automatiques et des lance-roquettes. TABLE RONDE Une alliance rebelle tchadienne en lutte pour renverser le président Idriss Déby, l'Alliance nationale, a annoncé que plusieurs de ses colonnes progressaient en direction de l'ouest, dans l'espoir d'atteindre la capitale N'Djamena. Le gouvernement a estimé qu'il s'agissait de pure propagande de la part de la guérilla, tout en indiquant que des "mercenaires à la solde du Soudan" - formule par laquelle il désigne les insurgés - étaient entrés au Tchad mercredi. Un porte-parole des rebelles a déclaré que la guérilla était prête à renoncer à son offensive si la France et l'Union européenne contraignaient Déby à accepter la tenue d'une table ronde de négociations sur l'avenir politique du Tchad. A Paris, l e ministère des Affaires étrangères a déclaré suivre "avec beaucoup d'attention la situation dans l'est du Tchad". "Toute action armée visant le Tchad et ses institutions ne peut qu'être condamnée par la France et la communauté internationale", ajoute le Quai d'Orsay dans un communiqué, en appelant les acteurs concernés à trouver une "solution politique". Vendredi, certains vols humanitaires prévus ce jour-là vers Goz-Beïda avaient été annulés après l'annonce par les rebelles de l'Alliance nationale du déclenchement de leur offensive dans l'Ouaddaï, où ils affirment avoir abattu un hélicoptère de l'armée tchadienne et en avoir endommagé un autre. L'armée tchadienne a admis qu'un de ses appareils, de fabrication russe, un Mi-24, avait dû faire un atterrissage forcé à la suite de problèmes techniques pendant un vol d'entraînement, mais un officier irlandais a confirmé à Reuters qu'un appareil avait été abattu et un autre endommagé par des tirs au sol. Version française Jean-Philippe Lefief et Eric Faye |