LA RÉVOLUTION AU SENS PREMIER DU TERME.
A travers cette affaire, il faut reconnaître qu’au niveau de la forme la procédure n’a pas souffert d’entorses réglementaires .Toutes les procédures légales, qui régissent ce genre d’affaires ont apparemment été respectées.
Mais, là ou le bat blesse, c’est la motivation profonde de cette affaire. On sent de plus en plus une logique de liquidation politique (voire physique) de Hama ainsi que tous ceux qui persistent (le sens de l’honneur et de la fidélité existe encore) à le soutenir pour diverses raisons.
Actuellement à Niamey, il ne fait pas bon d’être proche ou manifester quelque proximité avec l’ancien PM . Si c’est le cas , aussitôt une inspection d’état est diligentée dans son service pour un responsable administratif ou une mise sur écoutes pour les autres.
En effet, cette affaire sent le parfum du complot politique qui va de l’exécutif au législatif !
Il faut regarder l’affaire dans le fond ; effectivement quand on y regarde de près, sans passion , on a froid dans le dos car on se rend compte que quelque soit la perfection d’un système si les hommes qui l’animent sont dépourvus de morale , ce système , aussi démocratique soit-il peut être utilisé à des fins aussi vicieuses que le pire des régimes d’exception.
D’ailleurs beaucoup de dictateurs qui l’ont compris trônent de nos jours dans les sommets internationaux avec autant de « légitimité démocratique » qu’un Sarkozy, ou Angela Merkel.
Les députés bien qu’ayant voté, la mise en accusation l’ont fait plus pour éliminer un adversaire politique que pour condamner une affaire de détournement de fonds publics.
En effet, n’est-ce pas le meilleur lieu de finir avec lui, de la façon la plus légale du monde mais malheuresement avec le mobile inavoué le plus scandaleux qui soit.
Depuis le début de cette affaire , beaucoup de choses ont été dites, et au fur et à mesure du développement de l’affaire les nigériens se rendent de plus en compte que cette affaire n’est ni plus , ni moins qu’une « guerre des chefs » du parti au pouvoir avec l’instrumentalisation la plus scandaleuse des institutions démocratiques de notre pays.
Revenons sur cette affaire de 100 millions !
A la lecture du rapport de l’assemblée, beaucoup ont été certainement scandalisés de voir à quel point l’administration nigérienne est, et continue de travailler c’est-à-dire de façon non professionnelle.
Au delà des dysfonctionnements avérés de l’appareil administratif du Niger, il convient de retenir deux lectures du rapport ayant amené l’assemblée nationale à voter cette mise en accusation :
-D’une part la responsabilité du « déblocage » des 100 millions : au cours de sa conférence de presse, Hama Amadou a déclaré que sur instruction « verbale » du président de la république, le ministre des finances (par la trésorerie générale du Niger) a mis à la disposition de ses services 100 millions avec mission (verbale) de vendre l’image du régime ainsi que celle du pays.
Devant la commission, le ministre des finances de l ‘époque déclara n’avoir jamais reçu cet ordre du PR et encore moins avoir donné des instructions à ses subordonnés une telle consigne, ce, même de façon verbale.
Cette déposition va donc à l’encontre des dépositions de ses agents qui affirment le contraire