Le camp militaire n’a même pas de nom. Ou du moins, on ne nous le donne pas. Il est « après la raffinerie d’El-Geili », à une heure et demie de route, puis de piste, au nord de Khartoum, la capitale soudanaise. Un camp planté au milieu du désert. Un désert plat comme la main avec, çà et là, quelques maigres buissons jaunis. Depuis le 10 mai dernier, il abrite 91 enfants, âgés de 11 à 15 ans. Ils ont participé au raid contre Khartoum, lancé par Khalil Ibrahim, le leader du Mouvement pour la Justice et l’Egalité (JEM), le principal groupe rebelle du Darfour. Un raid insensé de 1600 kilomètres dans le désert. Partis du Darfour, à bord de 250 véhicules, les rebelles darfouriens n’ont été bloqués que sur les ponts qui enjambent le Nil, séparant Omdourman de Khartoum, par l’armée soudanaise. Soit très tardivement… Au milieu des combattants aguerris du JEM, des gamins apeurés, qui abandonnent leurs armes, et tentent de se cacher.