LA RÉVOLUTION AU SENS PREMIER DU TERME.
Les pluies de fin juillet/début août ont provoqué des inondations sévères dans le sud du Tchad, dégradant l'insécurité alimentaire déjà modérée dans le Moyen Chari (Figure 1). Les inondations ont touché 30 000 personnes, et 10 000 d'entre elles ont perdu leurs abris et leurs biens. Ces personnes sinistrées sont confrontées à des difficultés d'accès à la nourriture, eau, assainissement, et soins de santé, et sont exposées aux infections respiratoires, paludisme, et autres maladies diarrhéiques. Compte tenu de dommages causés par les inondations, y compris la réduction de l'accès alimentaire et aux marchés, les prix déjà élevés des céréales ont augmenté davantage. Etant donné les difficultés d'accessibilité aux vivriers aux marchés du aux fortes précipitations actuelles et présagées jusqu'à septembre dans la zone de Sarh, et que les réserves alimentaires provenant des cultures céréalières et de rentes (e.g., coton, arachide, niébé) auraient déjà été épuisées l'assistance d'urgence alimentaire et non alimentaire est nécessaire jusqu'à l'apogée de la prochaine récolte en octobre, et vers la contre saison dans quelques zones.
Bien que la perte d'abris, des biens, et de l'accès aux marchés, aussi bien que le risque accru de maladies liées à l'eau et d'autres infections, exige une attention immédiate, les inondations ont exacerbé aussi les prix déjà élevés pour les denrées alimentaires de base. A Sarh, qui constitue un marché céréalier d'importance dans la zone, le kilo de mil penicillaire échangé en août 2007 à 125 FCFA coûte aujourd'hui 240 FCFA, soit un accroissement de 92 pour cent. Entre juillet et août 2008, l'accroissement a été de 7,6 pour cent. Les prix des céréales au dessus de la moyenne enregistrés sur ce principal marché ont limité l'accès des ménages pauvres et moyens à la nourriture de base. En même temps, les stratégies de survie orientées vers les produits de cueillettes et la main d'oeuvre en cette période sont également affectées par ces inondations, empêchant l'accès aux champs et aux marchés. Les ménages d'utilisant ces mécanismes pour faire face à la crise alimentaire se trouveront dans une precarité alimentaire elevée.
Les perspectives pour une amélioration rapide des conditions alimentaires dans la région sont faibles. Le zone du Moyen Chari, bien qu'ayant enregistré un démarrage de la campagne agricole normal (avril–mai), a connu, par endroits, des ruptures de pluies en juillet. En plus, les inondations actuelles ont dévastées quelques 5882 hectares de cultures, et perturbé le développement végétatif des plants. La position actuelle du front inter–tropicale, oscillant entre le 19 et 22 parallèles, laisse encore présager des précipitations importantes au moins d'ici la fin septembre dans la zone de Sarh, limitant ainsi encore plus l'accessibilité aux vivriers aux marchés. L'ensemble de ces facteurs précités concurrent par anticipation à des disponibilités alimentaires réduites avec les récoltes à partir d'octobre dans la zone. Ceci est d'autant plus préoccupante que la zone héberge, en plus de la population autochtone, plus de 23 000 réfugiés centrafricains repartis entre les camps de Yaroungou et de Moula, ces réfugiés sont tous dépendant du marché à des degrés divers pour leurs besoins alimentaires.
Une assistance immédiate (alimentaire et non alimentaire, y compris les abris, les ustensiles de ménage, les matériels de purification d'eau, des produits sanitaires, et des suppléments nutritionnels) est nécessaire pour les ménages vulnérable, et une assistance à moyen terme s'averre indispensable jusqu'à la prochaine récolte d'octobre 2008 et vers la contre saison (janvier–mars) dans quelques zones. Pendant que des agences humanitaires des Nations Unies de concert avec le Gouvernement tchadien sont actuellement en oeuvre pour répondre aux urgences, une mission conjointe entre le gouvernement, la FAO, le Programme Alimentaire Mondiale (PAM), et FEWS NET est planifiée en septembre pour une évaluation plus technique des pertes occasionnées par ces inondations et les besoins alimentaires urgents.