LA RÉVOLUTION AU SENS PREMIER DU TERME.
"Nous n'avons aucune demande d'ordre matériel. Nous voulons que les compagnies chinoises quittent notre région parce qu'elles travaillent avec le gouvernement" de Khartoum, a déclaré Abou Humaid Ahmad Dannay, joint par téléphone.
Selon Asharq Al-Awsat, M. Dannay commande le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) dans la région du Kordofan (centre).
Trois ingénieurs et six ouvriers de la compagnie publique China National Petroleum Corporation (CNPC) ont été enlevés le 18 octobre près de la région pétrolifère controversée d'Abyei, dans le centre du Soudan.
Selon Khartoum, l'enlèvement est survenu au milieu des champs pétroliers, dans l'Etat du Kordofan-Sud.
Le chef rebelle, qui appartient selon Asharq Al-Awsat à la tribu des Messaria, a affirmé que les otages étaient en bonne santé et bien traités.
"Nous les traitons selon l'éthique des musulmans et nous nous occupons d'eux en dépit de la barrière de la langue. Je peux vous assurer qu'ils sont en bonne santé", a-t-il déclaré au journal.
Des membres de la tribu Messaria avaient enlevé en mai dans la même région quatre travailleurs indiens du secteur pétrolier, qui avaient été finalement libérés ou étaient parvenus à s'échapper.
Le gouvernement soudanais accuse le JEM d'avoir commandité l'enlèvement.
"Nous savions depuis le premier jour que le JEM en était responsable", a déclaré vendredi à l'AFP Ali Yousouf, directeur du protocole au ministère des Affaires étrangères soudanais.
"Les forces de sécurité soudanaises ont lancé une opération de recherche en coopération avec l'ambassade de Chine à Khartoum. Nous voulons les libérer sans porter atteinte à leur sécurité", a-t-il dit.
Des rebelles du Darfour, région occidentale du Soudan en guerre civile depuis 2003, se sont par le passé livrés à des enlèvements de ressortissants étrangers travaillant dans l'industrie pétrolière, particulièrement pour des sociétés chinoises en raison de leurs liens étroits avec Khartoum.
Le JEM a affirmé à plusieurs reprises vouloir cibler la Chine, en raison de son soutien à la politique du régime de Khartoum.
Selon Asharq Al-Awsat, un haut cadre du JEM n'a ni confirmé ni démenti que les ravisseurs appartenaient à son mouvement.
M. Dannay a indiqué vouloir attirer l'attention sur le manque de développement dans sa région et le refus des compagnies pétrolières d'employer des locaux, ajoute-t-il.