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LA RÉVOLUTION AU SENS PREMIER DU TERME.

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RDCongo: la rébellion respecte la trêve, l'UE étudie une mission militaire

La rébellion congolaise qui a pris le dessus sur les troupes de Kinshasa dans l'est de la République démocratique du Congo a proposé jeudi de sécuriser les déplacements des civils chassés par les combats, et l'Europe étudie l'envoi d'une mission militaire humanitaire.

 

Goma, capitale de la province du Nord-Kivu et objectif du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda, était paralysée, avec ses rues vides, les commerces clos et le trafic réduit au minimum, mais la fuite des habitants s'y est arrêtée.

 

Au lendemain du cessez-le-feu décrété par la rébellion, la situation dans cette région où les affrontements ont repris fin août était considérée comme "stable" par la Mission de l'ONU en RDC (Monuc), qui n'a pas été en mesure d'endiguer la violence.

 

En revanche, la situation humanitaire est "catastrophique", selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), tandis que l'Unicef redoute des épidémies.

 

Des dizaines de milliers de déplacés sont pris entre les lignes de feu, aux portes de Goma, et Laurent Nkunda - chef du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) - a proposé à la Monuc "l'ouverture de couloirs humanitaires d'urgence" pour permettre aux déplacés de rentrer chez eux.

 

Dans une maison du quartier de Katindo, un journaliste de l'AFP a vu sept cadavres de civils tués, selon les habitants, par des militaires gouvernementaux qui fuyaient devant l'avancée de la rébellion.

 

"Pour l'instant, le cessez-le-feu décidé par le CNDP est respecté par toutes les parties", a indiqué le chef des opérations militaires de la Monuc, le colonel Samba Tall.

 

Nkunda, général déchu de l'armée congolaise, a néanmoins prévenu que les Casques bleus ne pourraient pas "l'empêcher" de prendre Goma.

 

Face au risque de catastrophe humanitaire, l'Union européenne (UE) a annoncé jeudi qu'elle étudiait l'envoi d'une mission militaire.

 

"L'aide humanitaire est la priorité numéro un", a assuré le chef de la diplomatie de l'UE, Javier Solana.

 

Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a évoqué "une assistance aux populations civiles", sous la forme d'un contingent de 400 à 1.500 militaires, qui apporteraient à la Monuc un soutien "technique et humanitaire".

 

Sans l'exclure, Londres a estimé qu'il était "trop tôt" pour envisager un tel déploiement, et une réunion du Comité politique et de sécurité de l'UE est prévue vendredi.

 

Le ministre français a toutefois souligné que la solution à la crise dans le Kivu, déjà berceau des rébellions qui ont entraîné l'ex-Zaïre dans les guerres dévastatrices de 1996-1997 et 1998-2003, était "politique".

 

A Kinshasa, les députés congolais ont d'ailleurs réclamé à l'unanimité jeudi l'ouverture par le gouvernement d'un dialogue direct avec la rébellion et l'abandon de l'option militaire, l'armée congolaise n'étant pas encore "à même de faire face à la situation".

 

Nkunda est entré pour la première fois en dissidence en 2004, affirmant vouloir défendre les Tutsis congolais victimes, selon lui, d'exactions.

 

Il accuse l'armée régulière d'utiliser comme supplétifs les rebelles hutus rwandais hostiles au régime de Kigali et installés dans l'est de la RDC, dont certains sont accusés d'avoir participé au génocide de 1994 au Rwanda essentiellement dirigé contre la minorité tutsie.

 

De son côté, Kinshasa accuse le pouvoir rwandais, dominé par les Tutsis, de soutenir les rebelles de Laurent Nkunda, ce que Kigali dément.

 

Le commissaire européen au Développement Louis Michel, arrivé mercredi à Kinshasa, a affirmé qu'il ne croyait "pas à l'option militaire" mais "à l'option diplomatique et à l'option politique".

 

La secrétaire d'Etat adjointe américaine aux Affaires africaines, Jendayi Frazer, est aussi attendue à Kinshasa. Comme Louis Michel, elle ira ensuite à Kigali.

 

La ministre rwandaise des Affaires étrangères, Rosemary Museminali, devait également se rendre à Kinshasa, alors que les deux pays s'accusent mutuellement d'avoir bombardé leurs territoires.

 

Comme lors des deux précédentes guerres du Congo, ce conflit encore local n'est pas à l'abri d'une régionalisation. Selon une source diplomatique, Kinshasa pourrait demander "l'intervention" de l'Angola "en cas de défaite de la Monuc face à la rébellion".

 

 

Source:  AFP
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