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LA RÉVOLUTION AU SENS PREMIER DU TERME.

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Pékin brandit une nouvelle menace contre Paris

La Chine a averti jeudi la France que les relations commerciales bilatérales pourraient être affectées par la rencontre prévue samedi entre Nicolas Sarkozy et le dalaï-lama. Tous deux doivent assister, en Pologne, aux cérémonies du 25e anniversaire de l'attribution du prix Nobel de la paix à Lech Walesa. "En raison de la position erronée de la France, le peuple chinois est mécontent. Nous espérons que la France prendra une position correcte et fera le bon choix", a lâché le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Liu Jianchao, lors d'un point de presse.

"Nous attachons une grande importance à notre partenariat stratégique avec la France aussi bien qu'avec nos liens commerciaux, ces deux points sont liés. C'est seulement s'il y a de bonnes relations bilatérales que nous pouvons créer une bonne atmosphère pour nos relations commerciales", a-t-il poursuivi. Sans grande surprise, Matthieu Ricard, l'interprète du dalaï-lama, a en revanche estimé jeudi que cette rencontre était une "bonne chose".

"Ce sera une occasion de dialogue de plus"

L'annonce de cette entrevue avait déjà suscité des réactions très virulentes de la part de l'empire du Milieu. Jeudi dernier, dans un geste inédit, Pékin avait reporté un sommet annuel prévu le 1er décembre avec l'Union européenne , dont le chef d'État français est le président en exercice. Plus tôt encore, à la mi-novembre, Paris avait été fortement invité "à considérer les intérêts généraux, à préserver le principe d'une seule Chine, à respecter ses engagements, à prendre en considération les inquiétudes chinoises et à gérer correctement ce problème".

"Si c'est un problème, ce sera une occasion de dialogue de plus. J'ai fait suffisamment pour la compréhension des uns envers les autres (...) Je pense que la décision chinoise de relancer, comme ils l'ont décidé [le dialogue entre Pékin et le chef spirituel tibétain], est une décision extrêmement importante. On a besoin de la Chine pour régler les affaires du monde", avait rétorqué le président de la République. "Ce n'est pas un problème, moi je l'ai [le dalaï-lama] déjà rencontré vingt fois", avait un peu plus tôt répliqué Bernard Kouchner.

"Ce n'est pas à la Chine de fixer mon agenda"

Au début du mois de juillet, la Chine avait déjà fait savoir tout haut ce qu'elle pensait d'une éventuelle rencontre entre Nicolas Sarkozy et le dalaï-lama lors de sa
sa visite en France en août dernier. Kong Quan, ambassadeur chinois en France, avait même parlé de "conséquences graves" sur les relations bilatérales entre Paris et Pékin. Une menace à laquelle avait immédiatement répondu le locataire de l'Élysée. Devant le Parlement européen, il avait affirmé que personne ne pouvait lui "interdire" de voir le chef spirituel des Tibétains : "Ce n'est pas à la Chine de fixer mon agenda et mes rendez-vous", avait-il tonné. Finalement, ce sont son épouse Carla Bruni-Sarkozy, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et la secrétaire d'État aux Droits de l'homme Rama Yade qui avaient participé à l'entrevue avec le dalaï-lama.

Les relations entre Paris et Pékin avaient déjà connu un coup de froid en mars après les émeutes au Tibet et les incidents qui avaient émaillé le passage de la flamme olympique à Paris , début avril. Puis, la situation s'était apaisée, car Nicolas Sarkozy avait finalement décidé de se rendre à Pékin pour la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, à la suite de la reprise du dialogue entre les Chinois et les représentants du dalaï-lama, finalement qualifiée par ces derniers d' échec . Fin novembre 2007, lors du premier voyage de Nicolas Sarkozy en Chine, Pékin et Paris avaient signé pour environ 20 milliards d'euros de contrats commerciaux.
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