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LA RÉVOLUTION AU SENS PREMIER DU TERME.

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TCHAD: AUTANT DE CHANTIERS QUI RESTENT

 
Un ami qui vient de rentrer d'Abéché où il a travaillé pour le Haut commissariat des Refugiés (HCR) a vu une femme tchadienne , refugiée dans son propre pays étendue sur le trottoir devant son bureau. Près de sa tête, un bébé de sept à huit mois, assis au sol.Sorti de son bureau pour fumer une cigarette, il a entendu la voix d’un homme, parmi la dizaine de personnes attroupées aussi devant le même bureau “ Matate”. La femme était morte. Aujourd'hui, le Tchad compte des milliers de morts à cause des tchadiens incapables de s’entendre pour faire la paix. A Abéché m-a-t-il dit , un poulet coûte 1200 Fcfa et pour mettre un enfant à l'école, il vous faut 6000 Fcfa par semestre. La misère s'infiltre dans tous les domaines de la société et mine tout. Il n'y a pratiquement plus d'Etat au Tchad et cela arrange apparemment Pouvoir et Rébellions. Un haut responsable d’une faction rebelle m'a confié: “ Nous sommes entre nous .Il est difficile pour toi de comprendre qui est rebelle et qui ne l’ est à partir des USA où tu habites “ Ce message me fait vite comprendre que l’opposition armée aussi bien que le Pouvoir qu’on combat étaient l’affaire des autres; de famille encore et non la mienne alors, que ceux qui appartiennent aux deux camps et du même clan, escamotent un conflit qui sape l’hypocrisie. Dans de telles circonstances , il est impossible de dire si Idriss Deby Itno a des opposants ou si les opposants s’ opposent vraiment à Idriss Deby Into . La mode est aujourd'hui à la création de multiples «partis».On s'approche du chiffre de 200. Beaucoup de personnages croient que ce sont les partis qui distribueront à l'avenir «les postes» .Les hommes politiques sont en train de végéter, ils n'ont presque plus de moyens et peu d'animateurs capables de galvaniser la masse. Le problème de l'édification d'un véritable parti révolutionnaire reste entièrement posé à la jeunesse qui se reveille. Les pays amis du Tchad hésitent actuellement entre deux options. Les uns estiment à juste titre d'ailleurs que l'Etat a pratiquement cessé d'exister au Tchad et que le pays peut entraîner la RCA, le Cameroun et le Niger dans une instabilité et une anarchie durable. Ce qui empêchera les chasseurs de pétrole Africain de réaliser les affaires juteuses qu'elles ont déjà programmées. Ils cherchent inlassablement une stature d'homme politique national, capable de maintenir l'unité du pays. L'autre tendance pense arriver à ses buts en optant pour le scénario du pire. Ces chasseurs veulent jouer la comédie du “Forum inter-Tchadiens” pour placer les hommes de leur choix dans la course contre Idriss Deby ou créér avec Idriss Deby une équipe hétorogène qui leur permettra de maintenir les acquis du marché petrolier. Aujourd’hui,plus que jamais, la paix est menacée partout au Tchad. La violence,le banditisme d’Etat et la guerre de "velours" entre frères qui se connaissent bien et se caressent,compromettent la paix. Le Tchad connaît donc le paradoxe d’être le pays africain où l’unité ethnolinguistique et religieuse est la plus fortement ménacée, et de par cette logique, découlent des conflits opposants des groupes tribaux ou des familles d’origine ethnique commune. Or une telle situation ne favorise pas un climat propice à la négociation d’une paix entre opposants avant toute discussion sur la reconstruction de l’État central. Et, face à un tel spectacle de désolation, à un tel drame humanitaire, ce qu’on appelle la communauté internationale est restée indifférente un moment, avant d’esquisser une intervention mal organisée par sa cellule financière:La Banque Mondiale. L’absence d’acteurs locaux a contribué à l’ instauration du mal vivre à tous les tchadiens qui aspirent en finir avec le régime de Deby. C’est avec un échec cuisant que j’apprends encore que le FUC censé nous conduire à nos aspirations légitimes nous fait encore un faux bond dans sa demarche d’union des forces de l’ opposition. Le peuple tchadien est à nouveau mis au centre du problème et les responsables de la situation actuelle sont qualifiés de chefs de guerre. Mais, n’est–il pas temps, me semble t-il, de faire franchir un nouveau cap à la marche en avant du peuple Tchadien pour être à la hauteur des enjeux et relever ensemble les défis qui nous interpellent :le retour définitif de la paix. La lutte qui vaille ne serait-elle pas celle contre la pauvreté, le paludisme, le choléra et le SIDA, la guerre résolue et à tous les niveaux contre la corruption, les crimes économiques, l’indiscipline et l’impunité,le renforcement du pluralisme et des libertés, le consensus autour de la fiabilité et de la transparence du processus électoral, une éducation de qualité pour une école de la réussite, l’éradication de l’analphabétisme et de l’ignorance, le culte de l’effort et du mérite, l’éthique de gestion, la participation et le contrôle citoyens dans la gestion des affaires de la cité? Autant de chantiers pour qui veut se mettre réellement au service du pays et du peuple tchadien. Personnellement, je pense que la jeunesse tchadienne doit se situer dans ces batailles là, aux côtés de quiconque est prêt aujourd’hui comme hier et demain, à y investir toute son énergie et toutes ses forces. Un Tchad émergent porté par une culture du dépassement et de l’excellence, une mobilisation générale et constante autour des préoccupations prioritaires des populations, s’appuyant sur un large rassemblement, n’est-ce pas là des perspectives qui valent bien mille sacrifices partagés, moins de bruit mais plus d’unité et de travail au service du peuple tchadien?
Chers frères et soeurs;efforçons-nous de continuer à cultiver ce jardin précieux qui s’appelle Tchad , pour nous-mêmes et surtout pour les générations futures.
 
   ADOUM HAMID LODE/ETUDIANT 2EME ANNE EN DROIT

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