LA RÉVOLUTION AU SENS PREMIER DU TERME.
Il a été mis en examen au Tribunal aux armées de Paris (TAP) pour "assassinats" de deux autres légionnaires et pour "homicides volontaires" sur un soldat togolais de la Mission des Nations-Unies en Centrafrique et au Tchad, a-t-on appris de son avocat, Me Eric Morain.
Agé de 27 ans, le légionnaire devait être présenté à un juge vendredi soir.
Le parquet du Tribunal aux armées de Paris (TAP), compétent pour les crimes et délits commis par les militaires sur les théâtres d'opérations extérieures, avait ouvert une information judiciaire vendredi en début de soirée pour "assassinats", "homicides volontaires" et "détention d'armes et de munitions".
Le légionnaire, d'origine brésilienne, avait été transféré vendredi après-midi en France en provenance du Tchad.
"Il a un discours cohérent pour expliquer son geste, à savoir les brimades à répétition, les violences, le harcèlement, les menaces de mort des caporaux et des sergents et les moqueries du fait notamment de ses croyances religieuses, chrétiennes évangéliques", a déclaré son avocat, Me Eric Morain.
Le légionnaire "regrette bien évidemment son geste et coopérera avec la justice", a ajouté l'avocat.
Un climat de peur
Selon une de ses soeurs, l'homme, qui aidait financièrmeent sa famille, était "déprimé et avait très peur". Elle avait ajouté que son frère était "comme harcelé" par ses camarades de la Légion.
Le légionnaire avait passé "un examen psychologique lors de son intégration" dans l'armée française en février 2007 et "tous les examens psycho-techniques ne démontraient aucun problème particulier", avait rapporté le 8 avril le ministre de la Défense, Hervé Morin.
Il avait toutefois été sanctionné pour "absence irrégulière" lors d'une mission à Djibouti.