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LA RÉVOLUTION AU SENS PREMIER DU TERME.

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Ngoundaï : Incertitudes sur les enlèvements d’enfants

Les autorités administratives et militaires nient les enlèvements d’enfants et parlent de rumeurs non fondées.

La nouvelle de l’enlèvement des enfants dans la localité de Ngoundaï dans le Mayo-Kani a surpris plus d’un hier aux premières de la journée. Et pour cause, les autorités administratives et militaires ont-elles même été prises de cours par cette information relayée par le quotidien " Le Jour " qui dans son édition d’hier annonçait la prise en otage de douze enfants dans le village de Ngoundaï. "Je ne crois pas qu’il y ait eu un enlèvement sur mon territoire, sinon je serais au courant ", a déclaré le préfet Otto Joseph Wilson du département du Mayo-Kani que nous avons joint au téléphone alors qu’il bénéficie en ce moment de son congé annuel. Dakolé Daïssala, élite du coin semble tout aussi surpris par cette nouvelle qui vient de son village.

" Je pense, a-t-il dit, qu’il s’agit des manœuvres de diversion de la part de ceux qui sont impliqués dans la tuerie de dix personnes dans notre zone. " Le Président du Mdr nous a par ailleurs recommandé quelques uns de ses proches qui effectuaient selon lui une descente sur le terrain hier matin et qui sont mieux au fait de la situation. En début de soirée, nous avons pu rentrer en contact avec Me Djorwé Paulin qui suit de près les enquêtes ouvertes au parquet pour l’assassinat des dix personnes au Tchad. Pour lui, " il y a des rumeurs qui courent en ce moment au sujet de l’enlèvement dans la nuit de jeudi à vendredi des enfants par des coupeurs de route. Je reviens à l’instant de Kaélé et je peux vous assurer qu’il n’y a pas eu de prises d’otages, sinon les familles nous l’auraient confié. Mais on a appris que Waïbé, le chef de secteur Sodecoton de Dziguilao a déclaré avoir perdu deux de ses éleveurs qui sont entre les mains des ravisseurs. "

Ravisseurs

Une bien curieuse coïncidence parce que le parquet a servi à M. Waïbé une convocation pour s’expliquer sur un ensemble de collusions supposées entre les ravisseurs et lui. Parce que pour les autorités judiciaires, le jour où les quinze personnes ont été enlevées en mai, il offrait aux éléments du Bir un bœuf qu’il venait d’égorger. Me Djorwé ajoute, qu’" il y a quand même qu’il possède un cheptel important que les gens estiment à un millier de têtes de bœufs au Tchad. Des coïncidences troublantes à notre sens. "

Le procureur de la République Aoudou, confirme que M. Waïbé a été convoqué par le biais du commandant de brigade de gendarmerie mais n’a pas encore déféré à celle-ci. Le procureur a assuré qu’" aucune indication d’un enlèvement n’a été signalé par le commandant de brigade. Nous avons en tout cas les supposés victimes dont M. Waibé qui dit que deux bergers camerounais auraient été enlevés de même que des enfants. Nous ne sommes sûrs de rien pour le moment. " Le commandant de compagnie du Mayo Kani affirme pour sa part qu’il était à Ngoundaï dès que les rumeurs ont commencé à circuler. " Il n’y a pas eu d’enlèvement d’otages à Ngoundaï. Mais par contre, on nous a signalé que des ressortissants camerounais, des éleveurs notamment ont été kidnappés à Binder au Tchad. Sans plus. "

Mais le nouvel évêque du diocèse de Yagoua qui avait été alerté au cours d’une réunion par l’information de l’enlèvement des otages, assure aujourd’hui que les diverses vérifications ont permis de se rendre compte qu’il n’en était rien. " Les informations que nous avons eu vendredi soir et selon lesquelles dans la nuit de jeudi à vendredi, des enfants ont été kidnappés à Ngoundaï se sont avérées fausses. Par contre, il y a eu trois personnes qui ont été prises en otage par des voleurs du côté du Tchad. L’un d’eux avait son champ au Tchad. Alors qu’il effectuait une visite de son champ, il a été fait prisonnier en compagnie de deux personnes. Les ravisseurs ont exigé une rançon de cent millions de Fcfa. Après avoir engagé des négociations, ils auraient consenti à libérer les otages contre le paiement de cinq millions de francs. Ce qui a été fait puisque les otages en question ont été libérés. Ce sont en tout cas les informations que nous tenons des fidèles que nous avons rencontrés " a indiqué le prélat.

Le commandant du Bir Joseph Nouma semble également surpris par la nouvelle. "J’ai posté mes éléments depuis des semaines là-bas, nous ne sommes pour le moment au courant de rien. Ce sont des histoires sans fondement que les gens racontent." Finalement, commente un originaire de Ngoundai, c’est une bien curieuse histoire dont le feuilleton judiciaire qui prend corps au parquet de Kaélé, pourrait permettre de démêler l’écheveau de ces rapts répétés dans la région.
 
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