LA RÉVOLUTION AU SENS PREMIER DU TERME.

Le groupe de femmes et de jeunes qui avaient élu domicile chez le président du MNSD depuis quelques jours se ruèrent de chez Hama à la Haute Cour de Justice. Après l’audition, ils voulaient bloquer le passage pour empêcher à la voiture dans laquelle Hama a été embarqué de quitter les locaux de la Haute Cour Justice. Les forces de l’ordre réagirent promptement en balançant du gaz lacrymogène et distribuant des coups de matraques par ci par là. Maintenant Hama, qui avait envoyé tant et tant de personnes en prison, est à son tour sous les verrous. Et jusqu’à quand ? Passera-t-il 18 mois en prison comme Almoustapha Soumaïla sans jugement ? Probablement que non parce que dans le cas de Hama, la marche du parti dont il est le président exige que sa situation soit clarifiée au plus vite. Il paraît que le président du MNSD-Nassara estimant, comme il l’a dit sur les ondes, qu’il sera condamné par les membres de la Haute Cour - qui sont aussi, a-t-il dit, les mêmes politiciens qui ont décidé de sa mise en accusation -, aurait déjà nommé Sala Habi (Secrétaire général du parti) président par intérim. Décision qualifiée, si elle a eu lieu, nulle et de nul effet par les autres dirigeants du parti parce que les textes ne confèrent au président du parti aucun droit pour nommer son successeur ou soin intérimaire. Si un changement devait intervenir à la tête du parti, c’est une instance qui sera convoquée pour en décider. Et cette instance (convention nationale ou congrès extraordinaire ?) ne saurait tardée. A l’occasion, le Professeur Sékou est pressenti pour assurer l’intérim en attendant le congrès. Pour ce qui est du temps que passera Hama en prison, c’est la justice qui en décidera. Mais on peut remarquer, comme l’a fait le Procureur de la République dans son réquisitoire de mise en accusation (lire ci-dessous) que l’auteur d’un détournement de dénier public encourt une peine d’emprisonnement de 20 à 30 si la somme détournée est égale ou supérieure à 20 millions.