LA RÉVOLUTION AU SENS PREMIER DU TERME.
Les 15 membres du Conseil de sécurité ont tenu des consultations à huis clos sur un projet de résolution élaboré par le Royaume Uni pour renouveler le mandat de la force hybride ONU-UA (Union africaine) au Darfour (UNAMID), qui expirera jeudi.
Le président du Conseil de sécurité pour le mois de juillet, l'ambassadeur vietnamien Le Luong Minh a révélé que les membres se sont mis d'accord sur "plusieurs éléments du projet", tels que la nécessité de prolonger la mission ainsi que les mesures destinées à assurer l'efficacité des opérations.
L'Afrique du Sud et la Libye ont essayé d'introduire dans le projet de résolution un paragraphe réclamant la suspension des poursuites judiciaires de la CPI contre M. el-Béchir. Cette initiative a rencontré l'opposition de certains pays de l'Occident à savoir les Etats-Unis et la France, selon des sources diplomatiques.
D'autres membres du Conseil de sécurité ont souhaité l'introduction de ce paragraphe, "en vue d'éviter tout effet négatif sur les opérations de l'UNAMID et sur le processus politique au Darfour et au Soudan", a précisé M. Le.
Il a indiqué que le Vietnam était préoccupé du fait que ces poursuites judiciaires risquaient d'avoir un impact négatif sur la résolution du problème du Darfour.
"Le Conseil de sécurité poursuivra ses consultations sur le projet de résolution, tout en souhaitant que l'accord puisse être conclu à temps pour décider la prolongation du mandat de l'UNAMID", a ajouté M. Le.
Le procureur en chef de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a demandé un mandat d'arrêt le 14 juillet contre M. el-Béchir pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité commis au Darfour dans l'ouest du Soudan.
L'ambassadeur américain Zalmay Khalilzad a pour sa part déclaré qu'il était "prématuré" pour le Conseil de sécurité de suspendre les poursuites judiciaires de la CPI.
La semaine dernière, l'ambassadeur russe Vitaly Churkine a proposé au Conseil de sécurité de prendre au sérieux la suspension des poursuites judiciaires de la CPI. Il a souligné que l'article 16 du Statut de la CPI "donne au Conseil de sécurité des Nations Unies certaines responsabilités politiques".
Selon l'article 16 du Statut de la CPI, le Conseil de sécurité peut adopter une résolution pour reporter l'enquête de la CPI de 12 mois, une résolution qui peut être renouvelée.