LA RÉVOLUTION AU SENS PREMIER DU TERME.
Reed Brody doit être bien- heureux. Le chasseur de tête n’a jamais été autant proche de sa proie tant convoitée. Par effets d’agacements fortuits, le scalp de l’ancien président tchadien est sur le point d’être exhibé aux justiciers de tout bord et artisans des « droits de l’Homme ». Après la charge de Human right Watch et de la justice sénégalaise, le Tchad (toujours si prompt à porter le fer contre Hissein Habré) est sorti de l’ombre. N’djamena est prête à délier les cordes de sa bourse. Deux milliards de Fcfa seront débloqués des caisses du Tchad pour « faciliter » le Sénégal dans son action « punitive » contre l’ancien chef de l’Etat Habré.
La contribution du Tchad a été annoncée par le Ministre de la Justice Jean Bawoyeu Alingué. En mission à Dakar, Monsieur Alingué confirme la volonté affichée de Deby de voir pendu court et haut son mentor d’hier. Le Tchad porte sa voix dans le brouhaha judiciaire orchestré autour de Hissein Habré jeté pâture à l’opinion internationale sous le sceau des droits de l’Homme, une terminologie à la mode ces jours ci sous les tropiques.
La cagnotte mise en place pour capter des fonds pour juger l’ancien président tchadien s’enrichit de deux précieux milliards qui portent à trois milliards de Fcfa le financement disponible pour vider l’affaire Hissein Habré. A en croire le Ministre sénégalais, cette première enveloppe est une broutille : « une enveloppe plancher» de 18 milliards de FCFA a été jugée nécessaire pour ce jugement » Le Ministre Madické Niang avait, après un amendement constitutionnel taillé sur le mesure pour Habré par le Sénat, fait un appel de pied aux donateurs de tout bord. « Nous sommes prêts à recevoir (leurs) contributions pour démarrer immédiatement la phase préparatoire. » lançait le Ministre sénégalais de la Justice. Le Tchad vient d’exaucer cette doléance déposée pieusement auprès de la communauté internationale.
Luis Moreno Ocampo et tous les inquisiteurs de la sainte justice internationale doivent avoir présent à l’esprit que le pseudo- jugement de l’homme d’Etat Habré est un manège politico-judiciaire à haut risque. Les ficelles de cette parodie pourraient faire sortir de l’ombre des coulisses Idriss Deby, qui jusqu’ici est sous la couverture de l’Hexagone. La pluie de répression qui s’abat sur Hissein Habré est une machination mise en branle par Deby. Le maître de N’djamena sait qu’une condamnation de son prédécesseur pour « crimes de guerre » revient à tisser un laurier pour son régime. Deby serait alors perçu par la communauté internationale comme celui qui a débouté le Tchad d’un dirigeant gênant. La nébuleuse organisation de Reed Brody a été mise à contribution pour ternir l’image de Habré. Un calcul politique qui tend à porter les fruits escomptés par Idriss Deby Itno. Le complexe d’Œdipe se répète sur les planches de la vie politique tchadienne.
Par A.K de N’djamena-matin
Source : N’djamena-matin