LA RÉVOLUTION AU SENS PREMIER DU TERME.
A s’y méprendre Idriss Deby ressemble à Néron, de cynique réputation. Le scénario de l’incendie de Rome se reproduit tragiquement à N’djamena. Deby est dès lors dans une sainte jubilation. Il casse, déloge et déguerpit. Les pelles- pioches manœuvrées par l’Agence Nationale de Sécurité (ANS) ne s’attaquent pas à la résidence du vulgaire quidam. Les résidences des opposants sont les cibles de cette répression aveugle. Revanchard ou amnésique ? IDI est, dans tous les cas de figure, plongé dans un oubli esthétique.
Martyrs. Il ne fait plus bon d’être un dissident à N’djamena. Hemchi Gourdeï (alias Djougoudou) est opposant rebuté, un souffre- douleur sur qui il pleut des représailles commanditées par le Palais Rose. Un coup estocade vient d’être porté contre l’inspecteur général de l’Union des Forces pour la Démocratie et le Développement. L’Agence Nationale pour la Sécurité a procédé le mercredi 30 juillet 2008 à la perquisition du domicile de ce militant ardent pourfendeur du système de prévarication installé au sommet de l’Etat tchadien. Des hommes armés venus de la présidence ont jeté sans vergogne, ni pincements au cœur les femmes et les enfants (dont l’un jeté dans le Guantanamo de Korotoro suite à la bagarre des lycéens, il y plus de trois mois au lycée de la Liberté de N’Djamena) de Monsieur Hemchi Gourdeï. Les bourreaux n’y sont pas allés de mains mortes. Les foudres du fou furieux président se sont aussi abattus contre Gal Taher Guinassou, commissaire de la défense de l’UFDD. Dissidents traqués, femmes et enfants brimés, le scénario de la police politique hitlérienne se reproduit dans les faubourgs de la capitale.
Amnésie politicienne. Le cynisme politique de Deby vise à déstabiliser les acteurs de la dissidence par des artifices qui scient les cordes de la sensibilité et la dignité des opposants. Deby foule au pied des principes de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Imbu et revanchard, il mène des persécutions contraires à la Charte Africaine des Droits de l’Homme. Pire encore, selon le blog Makaila « Idriss Deby qui était en dissidence en 1990 avait pourtant laissé ses enfants à N’djaména pour revenir les retrouver sains et sauve » a affirmé un proche de Hemchi joint dans une capitale africaine. Ainsi coulent les délices du pouvoir, elles corrompent et manipulent ses détenteurs. C’est un signal fort que vient d’envoyer Deby est direction de tous ses détracteurs. Par calculs de survie, IDI ne doit plus hésiter à « marcher » sur d’innocentes personnes pour mettre aux pas l’opposition. Le schème d’un camp de concentration est pendant sur la tête de l’opposition tchadienne comme l’épée de Damoclès. Sorti triomphalement du maquis de la rébellion, le « rebelle » d’hier dans sa nouvelle posture de chef d’Etat aux abois scie les fibres affectives de ses détracteurs actuellement au front de la lutte armée.
Habré-Deby. Des kalachnikovs pointés sur N’djamena, une rébellion téléguidée et équipée par le couple Françafrique/Libye qui marche sur la capitale. L’ancien chef de l’Etat Habré a du quitter la N’Djamena pour éviter une guerre dans la capitale. Le soldat-Deby était à la tête d’une dissidence politico-militaire contre son mentor et parrain. Aux heures les plus chaudes de ce bras de fer ouvert, la famille de l’ « opposant » Deby est restée stoïque. L’ex- chef d’Etat Habré, exhibé par la communauté internationale comme un auteur de crime de guerre, n’a pourtant pas envoyé ses sbires portés atteinte à l’intégrité physique des proches (femmes et enfants) de Deby. L’asthénique dirigeant projette d’obscurs plans contre la famille de Hissein Habré. De sources concordantes, on apprend que le locataire du Palais Rose veut faire déguerpir toute la famille de l’ancien homme d’Etat tchadien de leur propriété. Celle du père, de la mère et du frère ainé de Habré sont dans les viseurs des pelleteuses.
Le landerneau politique tchadien est traversé par séisme dévastateur. Idriss Deby Itno est à bout de subterfuges et artifices d’intimidations. Loin du champ des joutes armées, il laboure machiavéliquement le psychique de l’opposition. Un coup d’épée dans l’eau. « Ce ne sont point les hommes qui mènent la révolution, c'est la révolution qui emploie les hommes. ». Hemchi, Guinassou, Habré… peu importe l’étiquette éponyme, la révolution tchadienne est consommée dans les mœurs. Au feu des canons, Deby sera bientôt rattrapé par ses zones ...d’ombres
Par D.D de N’djamena-matin
Source : N’djamena-matin