LA RÉVOLUTION AU SENS PREMIER DU TERME.

PARIS (AFP) — La France n'est pas hostile à une suspension de la procédure de la Cour pénale internationale (CPI) visant le président soudanais Omar el-Béchir, accusé de génocide au Darfour par le procureur, à condition que Khartoum fasse un "geste", a-t-on appris vendredi auprès de l'Elysée.
"Ce que nous souhaitons, c'est relancer la recherche par le dialogue d'un règlement de paix (...) si ce dialogue se renoue, s'engage dans de bonnes conditions, progresse bien, si le gouvernement soudanais fait des gestes en direction de la CPI, alors cela aurait du sens de réfléchir à la façon dont le Conseil de sécurité pourrait tenir compte de cette nouvelle situation", a-t-on indiqué à la présidence française.
Interrogée sur la nature de ce "geste", cette source a précisé que "deux autres personnalités (du régime de Khartoum) sont aussi mises en cause" par la CPI. "C'est un type de geste auquel le gouvernement soudanais peut réfléchir d'une façon ou d'une autre", a-t-elle ajouté.
Le Soudan s'est jusqu'à présent refusé à livrer ces deux responsables, contre lesquels la CPI a délivré en 2007 deux mandats d'arrêt. Il s'agit de Ahmed Haroun, actuel ministre aux Affaires humanitaires, et d'Ali Kosheib, un chef de la milice pro-gouvernementale des Janjawids, pour leur rôle présumé dans le génocide au Darfour, une province de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile depuis 2003.
Plusieurs ONG, dont Amnesty International, avaient annoncé vendredi soupçonner la France de négocier un compromis avec Khartoum sur l'éventuelle inculpation du président soudanais Omar el-Béchir, accusé de génocide au Darfour par le procureur de la Cour pénale internationale, a-t-on appris vendredi auprès de ces organisations.
"D'après les conversations que nous avons pu avoir avec des diplomates ou responsables français, nous avons l'impression que Paris est en train de négocier un compromis avec Khartoum, et qu'en échange de certaines concessions du gouvernement soudanais, la France ne s'opposera pas à une suspension des poursuites contre Béchir", a déclaré à l'AFP une responsable d'Amnesty International, qui a souhaité garder l'anonymat.
"Céder au chantage des autorités soudanaises porterait un coup majeur à la crédibilité et aux capacités dissuasives de la justice pénale internationale", ont averti cinq ONG, dont Amnesty International, dans une lettre ouverte envoyée jeudi au président français Nicolas Sarkozy.
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, réclame un mandat d'arrêt contre Omar el-Béchir pour génocide au Darfour, province de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile depuis 2003.
La CPI devrait se prononcer fin novembre sur cette requête, mais l'Union africaine pourrait demander la saisine du Conseil de sécurité en vue de geler la procédure, à l'occasion de la prochaine assemblée générale des Nations unies la semaine prochaine