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LA RÉVOLUTION AU SENS PREMIER DU TERME.

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Rapport sur la situation humanitaire Tchad, du 21 avril au 4 mai 2009

FAITS MAJEURS

- Cas de méningite: tendance à la baisse;

- Mesures préventives contre le virus A (H1N1);

- Plus de 17 800 réfugiés centrafricains dans le sud est;

- Appel de fonds consolidé pour le Tchad financé à 39%.

CONTEXTE

La situation sécuritaire globale reste calme. Ces deux dernières semaines, il a été observé une légère baisse des incidents sécuritaires affectant les civils et les humanitaires.

La pénurie de carburant limite les déplacements des humanitaires vers certaines zones de l'est où les escortes sont interrompues.

Le déploiement de la force de protection humanitaire (DIS) est presque achevé à l'est du Tchad. A la date du 4 mai, 728 policiers et gendarmes sur un total de 850 avaient pris service à l'est.

Le déploiement de la force militaire de la MINURCAT se poursuit également mais reste confronté à un manque de contributions de troupes par rapport aux effectifs prévus par la résolution 1861 (2009) du Conseil de Sécurité. A la date du 2 mai, la force ne comptait que 2 655 soldats sur un effectif total de 5 200 personnes. Par ailleurs la force a encore un déficit en moyens logistiques, notamment en hélicoptères: seuls six hélicoptères militaires ont été proposés; 12 autres sont actuellement recherchés pour le bon déroulement des opérations.

SITUATION HUMANITAIRE

Mouvement de populations

Afflux continu et contenu de réfugiés centrafricains au sud-est et au sud du pays

A la date du 27 avril, le UNHCR estimait les réfugiés dans les six sites du Salamat à 17 811 personnes.1 Les activités de réponses sont coordonnées par le UNHCR. De nouveaux réfugiés arrivent presque tous les jours. En vue de mieux comprendre les causes de ces déplacements, une délégation conduite par le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies au Tchad et du Coordonnateur Humanitaire s'est rendue à Bangui, en République Centrafricaine, le 27 avril, pour échanger avec les autorités, les humanitaires et les bailleurs de fonds sur la situation sécuritaire en République Centrafricaine et la situation humanitaire au sud-est et au sud du Tchad. Actuellement les réfugiés centrafricains enregistrés par le UNHCR au sud et sud-est du Tchad sont estimés à 70 600 personnes. La situation est pour le moment sous contrôle mais les conditions d'accès difficiles à cette zone durant la saison des pluies restent une préoccupation pour tous.

Protection

Projet d'ouverture de cliniques juridiques à l'est

Du 22 au 24 avril, un groupe d'avocats étaient en mission à l'est en prélude à l'ouverture de cliniques ayant pour vocation d'apporter une assistance judiciaire aux populations. Ce programme commencera, sous peu, avec un projet pilote. Un bureau sera ouvert à Abéché et 12 autres dans les zones d'opérations de la Mission des Nations Unies en République Centrafricaine et au Tchad (MINURCAT). Ce projet est soutenu, entre autres par, par la MINURCAT, le PNUD, le UNHCR, l'Union Européenne et le barreau du Tchad. Pour prendre la mesure des difficultés actuelles de travail du système judicaire à l'est, la délégation des avocats a visité la prison d'Abéché et a eu des échanges avec les autorités administratives, politiques et coutumières, la MINURCAT et les humanitaires.

Prise de fonction du juge de paix de Goz Beida

Le juge de paix de Goz Beida, nommé par décret depuis le mois d'octobre 2008, a été officiellement investi dans ses fonctions conformément aux exigences textuelles, le 16 avril 2009. Suivant les textes en vigueur, le juge pourra désormais tenir des audiences. Les organisations luttant pour la défense des droits de l'homme (y compris réfugiés et citoyens tchadiens) ont salué cet événement qui constitue un progrès significatif dans le cadre de la restauration de l'Etat de droit. Avant l'installation de ce juge à Goz Beida, justice était rendue grâce au déplacement du procureur basé à Abéché à travers des audiences foraines. Cette activité était soutenue par le UNHCR.

Assistance aux retournés

Une bonne partie des déplacés qui étaient retournés dans leurs villages d'origine pendant la saison agricole 2008 est revenue dans les sites après les récoltes (novembre-décembre 08). Ces retours ont été observés dans presque tous les sites de l'Assoungha au Dar Sila. Ainsi, la population des retournés qui était estimée à 40 000 personnes dans le dernier trimestre de 2008 semble être maintenant autour de 20 000 personnes. L'une des causes des retours vers les sites reste le défaut ou l'insuffisance d'assistance dans les villages d'origine et dans une moindre mesure, la crainte de l'insécurité. Une présence accrue des structures étatiques, des agences des Nations Unies et des ONG est nécessaire dans ces zones de retour afin d'accompagner les retournés et de prévenir de nouveaux mouvements vers les sites de déplacés.

Suivi de la protection des déplacés

Les acteurs intervenant dans le secteur de la protection continuent les exercices d'identification, de documentation et de référence des cas de violation des droits des déplacés à l'est (Dar Sila) à l'exception de la zone de l'Assoungha faute d'escorte. Les incidents répertoriés incluent les vols de biens, les détentions arbitraires, les amendes arbitraires, les problèmes liés à l'exploitation des terres, les violences domestiques, les mariages précoces et/ou forcés et les mutilations génitales féminines (FGM). Il est à noter que les violences sexo-spécifiques (VSS) restent les cas les plus fréquents dans les sites des déplacés et plus particulièrement les violences domestiques et les mutilations génitales féminines. Au cours du mois de mars, l'UNFPA a organisé des ateliers sur l'élaboration d'un plan intégré de communication contre les VSS à Abéché, Goz Beida et Koukou afin de remédier à cette situation.

Santé

Tendance à la baisse des cas de méningite

Du 1er janvier au 26 avril, 1 165 cas de méningite dont 128 décès ont été notifiés au Tchad; soit un taux de létalité de 11%. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le nombre de nouveaux cas enregistrés tend à diminuer. Dans la semaine du 26 avril, 42 cas ont été enregistrés contre 96 dans celle du 19 avril. Au 26 avril, aucun district n'était en épidémie et un seul se trouvait en alerte: le district de Ndjaména-est.

Réponse à la méningite

La prise en charge des malades au niveau des structures sanitaires se poursuit dans tous les districts où il y a des cas déclarés, avec l'appui de l'OMS, l'UNICEF et de MSF. Une campagne de vaccination ciblant les tranches d'âge de 2 à 30 ans est en cours, sous l'égide du Ministère de la santé en collaboration avec ses partenaires, dans les zones les plus touchées dans le sud du pays (Dourbali, Goundi et Pala) et à Ndjaména.

Prévention de la grippe A (H1N1)

Le Ministère de la Santé et l'OMS ont mis en place un comité de lutte contre le virus de la grippe A (H1N1). Le système de surveillance épidémiologique est renforcé dans les régions du pays où l'élevage porcin est pratiqué notamment dans le sud et les environs de Ndjaména, la capitale. En outre, des campagnes de sensibilisation visant à informer les populations sur la maladie sont actuellement menées à travers les médias. Le Ministère de l'élevage a interdit provisoirement l'importation de la viande porcine. Le cheptel du Tchad compterait plus 100 000 porcins. Aucun cas suspect n'est détecté à ce jour sur le territoire. Le virus de la grippe A (H1N1) se transmet par voie respiratoire, d'humain à humain. Les symptômes de la maladie (fièvre, maux de tête, courbatures) sont similaires à ceux de la grippe saisonnière.

Situation épidémiologique de la poliomyélite

Le Consultant de l'OMS pour le programme Polio et le Chef d'Antenne de la surveillance épidémiologique intégrée du Ouaddaï /Dar Sila ont effectué du 21 au 24 avril 2009 une mission d'investigation du cas de polio virus sauvage type 3 (PVS) confirmé à la Frontière Tchado-soudanienne. Le rapport préliminaire BUREAU DE LA COORDINATION DES AFFAIRES HUMANITAIRES - OCHA TCHAD recommande l'organisation d'une campagne de vaccination spéciale tout au long de la frontière afin d'arrêter la circulation du PVS type 3 dans cette zone qui, pour des raisons sécuritaires, n'a connu aucune activité de vaccination depuis février 2006.

Intervention de l'ONG Comité d'Aide Médicale (CAM)

Le CAM recherche des fonds pour assurer la reprise de la couverture de la zone d'Iriba antérieurement assurée par Médecins sans Frontières Luxembourg. Le programme du CAM couvre la période de juin 2009 à juin 2010. Il s'articule autour du renforcement de l'accès à des soins: 1) de santé secondaire de qualité à l'Hôpital de district; 2) des soins de santé primaire aux quatre centres de santé; 3) des soins de santé maternelle et infantile à l'hôpital d'Iriba, aux quatre centres de santé ainsi qu'à la périphérie de ces structures; et 4) le renforcement des capacités des structures sanitaires locales.

Nutrition

Durant le premier trimestre de 2009, la situation nutritionnelle était maintenue stable dans les sites des déplacés internes et les camps des refugiés soudanais à l'est du Tchad. Cependant, des taux élevés de risque de malnutrition ont été notés au sein de la population locale à Abéché et aussi chez les nouveaux refugiés de la République Centrafricaine à Daha2. L'UNICEF et le PAM, en collaboration avec le Ministère de la santé et MSF, apportent une assistance aux personnes touchées.

Education

Dans le cadre du programme de cantine scolaire, le PAM a livré 91 557 tonnes de rations chaudes pour couvrir le reste de l'année scolaire dans l'Assoungha. Au total, 31 écoles dans les villages hôtes et 22 écoles dans les sites de déplacés sont bénéficiaires.

Sécurité Alimentaire

Distribution de vivres aux réfugiés centrafricains dans le Salamat

Le PAM a distribué des vivres dans les deux sites de Daha à plus de 15 000 personnes. Le programme onusien prévoit de mettre en place deux entrepôts (Rubhall), à Daha, pour pré positionner des stocks de vivres pour six mois. Cette opération vise à contourner les difficultés d'accès à la zone durant la saison des pluies.

Environnement

Dans le cadre de la lutte contre le déboisement, l'ONG Première Urgence (PU) mène un programme de sensibilisation sur l'utilisation des foyers améliorés dans le canton de Barde (Assoungha). PU a formé dans ce domaine 6 672 personnes et a facilité la construction de 2 600 foyers améliorés. L'ONG, en collaboration avec le bureau des eaux et forêts du département de l'Assoungha, est en phase d'identification de zones de reboisement afin de reconstituer les ressources en bois. Le bois est une ressource de plus en plus rare à l'est du Tchad et le partage de cette ressource provoque souvent des tensions entre les communautés.

Logistique

Pénurie de carburant

La pénurie de carburant continue au Tchad. Cette situation entraîne un ralentissement des mouvements des humanitaires et forces de sécurité dans certaines zones. Cette pénurie est causée, entre autres, par une grève des transporteurs à Limbé (Cameroun).

Réhabilitation des routes à Koukou et alentours

Dans le souci de faciliter le déplacement des humanitaires durant la saison des pluies où les routes sont quasiment impraticables à l'est, des travaux de réhabilitation sont en cours sur l'axe Goz Beida- Louboutigué-Koukou-Goz Amir. Selon l'ONG ACTED maître d'oeuvre de ces travaux, l'axe Goz Beida- Louboutigué pourra être finalisé avant le début des pluies l'est. En revanche, pour l'axe Louboutigué- Koukou-Goz Amir les travaux ne seront terminés qu'à la fin de la saison des pluies faute de moyens. Cette situation risque de ralentir les opérations vers le camp de réfugiés de Goz Amir (22 035 personnes) et les sites de déplacés sur le tronçon Koukou-Goz Amir. La mise à disposition immédiate de fonds permettrait à d'autres partenaires de s'atteler aux travaux de réhabilitation de cette route.

Relèvement précoce

L'expert du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) chargé de la gestion du programme de relèvement précoce a pris fonction dans la deuxième quinzaine de mai à l'est. Ce programme s'articule autour de deux volets: 1) Gouvernance locale et cohésion sociale et 2) redressement économique et amélioration des conditions de vie des populations par l'accès aux services sociaux de base.

Le budget alloué à ce programme initial de deux ans est d'environ sept millions de dollars. Les actions du PNUD viennent en appui à celles initiées par le Gouvernement.

MOBILISATION DES RESSOURCES

Financement de l'appel de fonds consolidé (CAP) pour le Tchad

- Financement du CAP au 2 mai: 148 millions de dollars mobilisés sur 385 recherchés, soit 39% de financement ;

- Financement par secteur: alimentation 69%, agriculture (3%), coordination et services d'appui (15%), eau et assainissement (9%), multi-secteur (14%); et aucun financement pour la santé, l'éducation, la protection, l'action contre les mines ainsi que la sécurité du personnel humanitaire et des opérations.

- Revue à mi-parcours du CAP prévue les 11 et 12 mai à Ndjaména.

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