LA RÉVOLUTION AU SENS PREMIER DU TERME.
| La Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) vient de lancer un appel à la communauté internationale pour l'adoption de mesures d'urgence visant à sauver le Lac Tchad qui pourrait disparaître d'ici 20 ans. Les sécheresses induites par le réchauffement climatique et l'activité humaine auraient entraîné une chute de 90% de sa surface depuis 1964. | |||||||
«De 1964 à maintenant, sa capacité hydraulique a diminué de près de 90%», explique Modibo Traoré, expert en chef de la gestion des ressources naturelles à la Banque africaine de développement (BAD). La BAD et d’autres bailleurs de fonds se sont associés à la CBLT pour que des mesures concrètes soient adoptées dans ce sens. A cet effet, la BAD a d'ores et déjà élaboré un programme tenant compte de la multiplicité des bailleurs de fonds, dont certains avaient déjà accepté de financer un programme préliminaire destiné à sauvegarder les écosystèmes du Lac Tchad. Le réchauffement climatique serait la principale cause de l'assèchement de cette immense étendue d'eau douce. Au cours des trois dernières décennies, les précipitations ont été très déficitaires dans la zone sahélienne. Les données indiquent que le Lac Tchad s'étendait sur 25 000 km² en 1963, alors qu'il ne prend plus aujourd'hui que 2000 km² aujourd’hui. Des chercheurs affirment également qu’il s’agit d’un problème de surexploitation du lac. «Les changements climatiques déclenchent des processus que l’homme accélère», explique le professeur Maurice Tsalefac de l’université de Yaoundé I. Il dénonce notamment les actions entreprises par les Etats et les populations riveraines qui multiplient des projets qui captent une bonne partie de l’eau qui alimente habituellement le lac. «La péjoration pluviométrique entraîne une raréfaction des ressources. Les populations sont alors obligées de migrer vers les zones humides où elles peuvent trouver de quoi vivre», ajoute le professeur Tsalefac. 30 millions de personnes réparties entre le Tchad, le Niger, le Nigeria et le Cameroun, et la RCA dépendent du bassin du Lac Tchad pour leur survie, a souligné Modibo Traoré. | |||||||
| Publié le 05-05-2009 Source : Gaboneco.com Auteur : Gaboneco | |||||||