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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 13:36

Les scientifiques manipulent-ils les données sur le climat pour prouver un réchauffement ? Des mails piratés et opportunément diffusés avant le sommet semblent accréditer cette thèse. Le GIEC monte au créneau.


 

L'histoire a commencé à faire du bruit dans le monde anglo-saxon à quelques jours du sommet de Copenhague. Il y était question de mails d'éminents scientifiques piratés, de chercheurs soupçonnés de manipuler les données recueillies sur le climat... La coïncidence pouvait semblait trop belle. Mais l'écho qu'elle a reçu a obligé Rajendra Pachauri (photo), le président du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat, par ailleurs prix Nobel de la Paix 2007 avec l'ancien vice-président américain Al Gore, à monter au créneau dès l'ouverture du sommet pour dénoncer "une tentative de discréditer" le GIEC. "Les conclusions de notre 4e rapport (publié en 2007) sont fondées sur des mesures enregistrées par de nombreuses institutions indépendantes dans le monde qui témoignent d'importants changements sur la terre, dans l'atmopshère, les océans et les glaces", a-t-il rappelé.

Au coeur de cette affaire, déjà baptisée "Climategate" par la presse : la publication sur internet le mois dernier de milliers de courriers électroniques de chercheurs du prestigieux centre de recherches sur le climat (CRU) de l'université britannique d'East Anglia, victime d'un piratage informatique ou de fuites. Or plusieurs messages, dont certains provenant du directeur du CRU Phil Jones, indiqueraient que la communauté scientifique manipule les données sur le climat pour étayer la thèse d'un réchauffement dû aux activités de l'homme, selon les opposants à cette théorie.

 

"Ce sont des âneries"

 

Face à la gravité de ces allégations, Rajendra Pachauri a dû promettre vendredi dernier de faire toute la lumière. La veille, l'université d'East Anglia avait annoncé l'ouverture d'une enquête indépendante sur le contenu des emails piratés, confiée au très respecté vice-chancelier de l'université de Glasgow, Sir Muir Russell. Phil Jones, le directeur du CRU, a préféré abandonner temporairement son poste le temps de l'enquête. L'un de ses courriels évoquerait une "ruse" pour manipuler les relevés de température afin de "dissimuler une baisse". Mais face à ces "révélations", le directeur de ce centre qui gère l'une des plus importantes bases de données au monde sur l'évolution des températures dans le monde avait rétorqué de manière virulente : "Ce sont des âneries". Selon lui, ses messages avaient été sortis de leur contexte.

Néanmoins, sans surprise, et sans attendre les résultats de l'enquête, les "climato-sceptiques" de plusieurs pays se sont emparés de l'affaire pour mettre en doute la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Aux Etats-Unis, plusieurs élus du Congrès y ont vu l'occasion d'essayer de torpiller l'adoption au Sénat d'une loi pour combattre le réchauffement. Au Royaume-Uni, des responsables de l'opposition conservatrice en ont profité pour émettre des doutes sur la fiabilité des chiffres sur le réchauffement. L'un des responsables saoudiens chargés des négociations sur le réchauffement climatique, Mohammed Al Sabban, a même prédit sur la BBC que cette affaire aurait un "énorme impact" sur les débats à Copenhague. "Il ressort de ce scandale qu'il n'y a pas la moindre corrélation entre les activités humaines et le changement climatique", a-t-il estimé.

 

SOURCE: TF1

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Published by ABDALLAH CHIDI DJORKODEI - dans ACTUALITE
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